Politique
Kevazingo Gate : démissions et sanctions exemplaires attendues
La Porte-Parole du gouvernement, Nanette LONGA MAKINDA, lors de sa conférence de presse. © L.P<br /> <br /> C’est à l’un des plus gros scandales de détournement en général et particulièrement dans les secteurs du bois et de l’économie, auxquels nous assistons depuis bientôt deux semaines. Il est peu de dire que l’affaire du Kevazingo gate, du nom donné à la disparition extraordinaire de plus de 300 containers de bois précieux de type Kevazingo, sis au port d’Owendo. Au sortir, des premières enquêtes suite à cette affaire, le Gouvernement gabonais s’est exprimé ce jeudi 16 mai 2019, par l’entremise d’un communiqué de presse de son porte-parole, Mme Nanette LONGA MAKINDA. Et le moins que l’on puisse dire après la divulgation des premiers résultats de l’enquête ordonnée par le ministre de la justice, c’est que des grosses têtes vont tomber…<br /> <br /> <br /> Il faut dire que dans ce pays, les faits divers sont légions et ne manquent parfois pas d’étrangeté. Mais aussi sordide que cette mystérieuse disparition de plusieurs containers chargés de bois de type Kevazingo au port d’Owendo, difficile de faire mieux, tellement l’acte paraît grossier auprès des citoyens gabonais. A la suite de ces faits et aux fins de retrouver ces containers disparus tout en faisant la lumière des responsabilités de cette situation, une enquête policière a été menée par la Direction Générale des contre-ingérences (B2). <br /> <br /> Selon la porte-parole du gouvernement, « les investigations policières et judiciaires ont relevé à ce jour, de graves et inadmissibles dysfonctionnements, ainsi que des complicités actives et passives intolérables, tant dans les administrations des eaux et forêts et des douanes, qu’au niveau des opérateurs économiques de la filière bois ». <br /> <br /> En tenant compte de la notion de présomption d’innocence, certains agents de l’administration dont la responsabilité a été plus que déterminé, ont été suspendus à titre conservatoire de leurs fonctions et responsabilités respectives, et ce, dans l’attente des résultats définitifs de l’enquête en cours. Ces agents respectivement par administrations, sont les suivants :<br /> <br /> Ministère des Eaux et Forêts :<br /> <br /> - Lin MADJOUPA, Directeur de Cabinet du ministre d’Etat des Eaux et forêts, chargé du Plan Climat ; <br /> - Serge Rufin OKANA, Secrétaire général du ministère des Eaux et forêts ;<br /> - Lucrèce BADINA, Directrice générale de la forêt ; <br /> - Ginette NGOMBET MIKIELA Ep. ITSOUDI BIGNOUMBA, Directrice générale des Industries, du Commerce du bois et de la Valorisation des produits forestiers ; <br /> - Eurold Luce MAPAHA, Chef de brigade contrôle Owendo ;<br /> - Ghislain MAKITA INDZANDO, Agent à la brigade de contrôle d’Owendo ;<br /> - Grass Carine OKANI, Agent à la brigade de contrôle d’Owendo ;<br /> <br /> Administration des Douanes gabonaises :<br /> <br /> - Pierre Claver MFOUBA, Directeur de cabinet du ministère de l’Economie ; <br /> - Jeannot KALIMA, Secrétaire général du ministère de l’Economie ;<br /> Dieudonné LEWAMOUUSOU OBISSA, Directeur général des Douanes et Droits Indirects ; <br /> - Jean Christian NDONG BIBANG, Directeur régional des Douanes et Droits indirects de l’Estuaire ;<br /> - Éric DAMAS, Directeur des Services de surveillance des Douanes ;<br /> <br /> Il faut rappeler que devant la représentation nationale, le Premier Ministre Chef du Gouvernement, Mr Julien NKOGHE BEKALE avait déclaré que son gouvernement « sera patriote et exemplaire. Et que les membres du gouvernement qui s’écarteraient de cette attitude, seraient sanctionnés ». A propos de ces valeurs de patriotisme et d’exemplarité prônés par le Premier ministre, la porte-parole gouvernement a tenu à revenir dessus en précisant par rapport à cette affaire de Kevazingo disparu, que « les membres du gouvernement qui seraient impliqués dans cette affaire, sont invités à en tirer les conséquences qui s’imposent ».<br /> <br /> Doit-on comprendre par-là , qu’il s’agit ici d’un appel indirect à la démission de la part de ses collègues ministres, qui seraient empêtrés dans cette affaire ? Une chose est certaine, c’est que des « grosses têtes » doivent tomber, car souvenons-nous qu’en 2017, Mme Irène Patricia BOUSSAMBA, alors ministre déléguée auprès du ministre du Budget et des Comptes Publics, avait été forcé de démissionner suite au fait qu’elle ait dissimulée (volontairement ou non), sa fonction ancienne de secrétaire particulière de l’ancien ministre Magloire NGAMBIA ; qui séjourne en prison à ce jour, pour détournements de fonds publics. <br /> <br /> Quoi qu’il ‘en soit, des démissions en cascade et surtout des sanctions exemplaires, sont vivement attendues suite au Kevazingo gate.<br /> <br /> <br /> Le Patriote<br /> <br /> <br />
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